Méthode pour arrêter de fumer sous hypnose


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La dissociation psychique

Une des caractéristiques premières de l’état d’hypnose est le phénomène de dissociation qui consiste à mettre simultanément en présence une activité psychique consciente et une activité physique inconsciente chez l’hypnotisé. En somme, l’hypnotisé se trouve comme coupé, d’une part de lui, déconnecté d’une partie de son Moi et, plus largement, de l’environnement qui l’entoure. Ainsi, il est en mesure de regarder sa main en train de léviter sans être à même de contrôler volontairement son action. Durant la séance, il peut être également plongé dans une forme de privation sensorielle et être amené, par exemple, à ne plus ressentir une partie de son corps, ou à se détacher de l’affect, ou à ne plus entendre, etc. Il est à la fois ici et ailleurs, dans le présent et dans son souvenir.
Certains hypnothérapeutes se servent d’ailleurs de la dissociation comme levier de la transe hypnotique. Ceux-là vont délibérément la créer, puis la favoriser afin d’y accompagner l’hypnotisé. Ainsi, ils peuvent débuter la séance par des phrases telles que : « Et alors que votre main gauche est en train de ressentir une profonde sensation de légèreté, votre pied éprouve une agréable sensation d’ancrage au sol, comme si son poids l’attirait encore plus profondément à l’intérieur de ce sol. » La suggestion de ces deux actions simultanées va nécessairement engendrer un phénomène dissociatif et décoller le sujet de son fonctionnement conscient.

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Indissociable de l’expérience hypnotique, la dissociation a, au départ, été mise au jour puis modélisé par Pierre Janet sous le terme de « désagrégation » dans l’automatisation psychologique. A cette époque, il avance l’hypothèse selon laquelle une division et même une multiplication de la personnalité est possible et définit la dissociation comme une rupture de l’unité psychique.
Selon lui, elle est le signe d’un trouble fonctionnel de la conscience (conscience rétrécie et non modifiée) et résulte d’une défaillance des capacités intégratives propre à chaque individu sain. Elle explique pourquoi certaines sensations vont se trouver isolées par ce défaut de synthèse mentale et vont rester inaccessibles à la conscience.
Lorsqu’il prend place sur la scène psychanalytique, Sigmund Freud n’est pas tout à fait d’accord sur ce postulat, la dissociation ne constituant selon lui qu’un processus de refoulement actif. La considérant davantage comme un mécanisme de défense, il préfère donc employer les termes de refoulement, d’isolement et de fragmentation pour décrire les procédés permettant à l’individu de maintenir hors de sa conscience des désirs, des images ou des souvenirs pourtant bien réels.

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Il faudra attendre les années 1970 pour que le psychologue Ernest Hilgard réactualise la notion de dissociation en proposant une analyse des phénomènes hypnotiques. Contrairement à Pierre Janet qui la considérait comme une pathologie et à S. Freud qui l’envisageait comme un mécanisme de défense. Ernest Hilgard l’étend, quant à lui, au fonctionnement normal de la conscience dont l’hypnose n’est, selon lui, qu’une composante.
Ses expérimentations l’amènent à penser que l’hypnose, en modifiant le cours ordinaire de la mémoire et en tronquant le rapport à la réalité grâce aux effets de la suggestion, à la mobilisation de l’imagination sélective, ouvre la voie aux expériences dissociatives. En clivant les fonctions exécutives du Moi, ces expériences dépossèdent le sujet d’une part de lui et le rendent incapable d’initiative. Ses réponses face aux suggestions n’en seront que facilitées.

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D’ailleurs ce clivage du Moi permettra à Edgard Hilgard de théoriser l’existence d’un « observateur caché », sorte de conscience inconsciente du soi. Cependant, ce concept est seulement cité à titre indicatif puisqu’il ne fait pas consensus dans la communauté hypnothérapeutique.
Des hypnothérapeutes contemporains se sont récemment penchés sur le phénomène de dissociation, notamment Milton H. Erickson qui la place d’ailleurs au cœur du processus hypnotique : « On pourrait ainsi définir l’hypnose comme un état de suggestibilité artificiellement accrue, semblable au sommeil, dans lequel il semble y avoir dissociation normale, limitée dans le temps, et n’intéressant que certains stimili. »

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De la même manière, pour Jacques Antoine Malarewicz, la dissociation est un phénomène fondamental, une condition sine qua non de l’état d’hypnose. Selon lui, il faut, par contre, la conforter par des phénomènes tels que la catalepsie ou la lévitation.
Quel que soit le milieu clinique interrogé, la psychanalyse, la psychologie expérimentale, mais aussi la psychiatrie, domaine qui n’a jamais manqué de relever son existence dans certains troubles psychiques comme la psychose, la conversion, les fugues dissociatives, les situations traumatiques, etc, la dissociation a toujours fait parler d’elle. En hypnose, en revanche, elle tire son originalit& du fait qu’elle n’est pas considérée comme défensive ou pathologique. Au contraire, elle s’avère être un des chaînons de l’hypnose que certains érigent même au range de signe pathognomonique.
Ainsi pensée, la dissociation est donc souvent recherchée pour ses vertus thérapeutiques. Plus qu’elle ne permet l’entrée en transe hypnothique, elle favorise la réceptivité à la communication analogique et libère donc le sujet de son fonctionnement conscient. Grâce à elle, l’inconscient émerge.

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La crainte d’être manipulé a longtemps constitué un des freins majeurs à l’essor de l’hypnose. Taxée de méthode autoritaire privant l’individu de sa capacité à penser, décrite comme une menace par l’individualité et l’intégrité de chacun, l’hypnose a suscité les plus vives critiques au sujet du lien thérapeutique qu’elle instituait. Pourtant, lorsque nous analysons de plus près cet échange qui se co-construit entre les deux protagonistes, il ne ressemble en rien au « meutrier » décrit jusqu’alors : il ne paraît pas non plus meurtri par le contexte hypnothique. En fait, le rapport hypnotique est l’inverse de ce que beaucoup lui ont reproché, puisqu’il se révèle même être porteur des effets cliniques qui sont généralement constatés.