Arrêt tabac gratuit sous hypnose


Déjà en 1819, l’abbé Joseph Custodio de Faria était convaincu du pouvoir analgésique de l’hypnose. Cependant, il a fallu attendre 1843 pour qu’un professeur de chirurgie, John Elliotson, publie des comptes rendus d’interventions chirurgicales pratiquées sur des personnes en état de sommeil magnétique. Intéressés par une telle découverte, d’autres confrères ne tardent pas à lui succéder, comme James Esdaile en 1852. Celui-ci rapporte également des milliers d’interventions réalisés sans anesthésie autre celle générée par l’état mesmérien comme il le nomme. Cependant, l’apport de leurs travaux se heurte à l’ostracisme du monde médical de l’époque, d’autant qu’apparaissent à cette même période deux anesthésiques puissants que sont le chloroforme et l’éther.

Bien que de nombreux chercheurs aient continué à s’intéresser à l’intérêt de l’hypnose dans le traitement de l'arrêt du tabac et psychosomatiques ainsi qu’à sa plus-value dans la prise en charge de la douleur, les produits antalgiques et analgésiques feront force de loi en marquant le progrès médical durant de nombreuses années. Il faudra attendre les années 1990 pour que les travaux sur les effets de l’hypnose soient conduits et objectivés par les données scientifiques récoltées. Les années 1990 sont marquées par une prolifération de travaux sur la douleur dans le champ de l’hypnothérapie.

Cette période devient déterminante puisqu’elle établit l’existence de l’état d’hypnose par les imageries médicales et prouve son intérêt dans la prise en charge de la douleur. Les études conduites par les chercheurs tels que Pierre Rainville à Montréal, David A. Oakley à Londres ont en en effet mais au jour une diminution de l’activité des régions impliquées dans la sensation douloureuse lorsque le patient est plongé en état d’hypnose. La douleur peut donc changer d’intensité et même disparaître grâce aux suggestions hypnotiques d’analgésie.

Dès 1997, à Montréal s’est penchée sur les effets de l’induction hypnotique et des suggestions d’analgésie en analysant les modifications de l’activité cérébrale. Elle a démontré que l’activité des régions cérébrales normalement impliquées lors des stimulations douloureuses se modifiait sous les effets des suggestions d’analgésie. Certaines techniques sont ainsi largement utilisées. Parmi elles, la technique du gant majeur et du stylo magique, la technique des mains de Rossi également. Bien sûr ces techniques sont exposées à titre d’exemple et ne doivent pas être utilisées de manière purement mécanique et sans un écueil d’éléments préalables (histoire du patient, du symptôme, échelle de la douleur, etc).

Voici un exemple de script hypnotique utilisé lors de soins médicaux :

Le patient est installé comme il le souhaite. Les phrases de précaution préalables peuvent être formulées (« Et vous n’êtes pas obligé d’être complètement détendu, et vous n’êtes pas obligé d’entendre le monde extérieur qui va continuer à vivre sa vie pendant que vous vivez autre chose, etc »), mais pas nécessairement. L’élément surprise peut s’avérer particulièrement intéressant lors des soins car il provoque une dissociation rapide.

L’hypnothérapeute prend alors la main du patient. En même temps qu’il lui pose des questions, il va feindre la mise en place d’un gant sur la main de son patient, en partant d’un doigt, ou de l’extrémité de plusieurs doigts, suffisamment lentement pour que le patient ait à peu près l’impression que le praticien lui met réellement un gant. Il faut masser chaque doigt à partir de son extrémité et rejoindre peu à peu la main.

L’hypnothérapeute fait ensuite un test sur la main de son patient afin de vérifier si le patient ressent quelque chose. Pour cela, il peut, par exemple, utiliser un stylo. Lorsqu’il constate avec son patient l’anesthésie.